L’évaluation par les pairs
L’évaluation par les pairs
L’évaluation par les pairs constitue le cœur du système traditionnel de publication. Elle a pour objectif d’apprécier la qualité et la validité d’un nouveau travail de recherche, de fournir des suggestions en vue de son amélioration avant publication et de veiller à ce que des articles invalides ou de faible qualité ne soient pas publiés.
Code ALLEA :
- Les chercheurs assument avec sérieux leurs engagements et leurs responsabilités envers les communautés scientifiques lorsqu’ils participent à des activités d’arbitrage, d’examen critique et d’évaluation, et ce travail est reconnu et récompensé par les chercheurs, les institutions scientifiques et les établissements assurant une mission de recherche.
- Les chercheurs, les institutions scientifiques et les établissements assurant une mission de recherche examinent et évaluent les demandes de publication, financement, nomination, promotion ou récompense d’une manière transparente et justifiable, et indiquent l’utilisation qu’ils ont faite d’outils d’intelligence artificielle et d’outils automatisés.
- Les examinateurs (reviewers) et les éditeurs déclarent leurs conflits d’intérêts, réels ou perçus, et quand cela est nécessaire, ne prennent pas part aux décisions relatives à la publication, au financement, à la nomination, à la promotion ou aux récompenses.
- Les examinateurs (reviewers) respectent la confidentialité, sauf autorisation de divulgation préalable.
- Les examinateurs (reviewers) et les éditeurs respectent les droits des auteurs et des personnes ayant soumis une contribution, et demandent les autorisations nécessaires pour utiliser les idées, les données ou les interprétations présentées.
Les évaluateurs doivent être conscients de leurs responsabilités éthiques lorsqu’ils examinent des études soumises par leurs pairs. Vous trouverez ci-dessous quelques lignes directrices sur la manière de se comporter lorsqu’on vous demande d’évaluer un manuscrit.
ACCEPTER D’ÉVALUER :
Dans la plupart des cas, les invitations à évaluer contiennent le titre, la liste des auteurs et le résumé de l’étude. Idéalement, un évaluateur travaille dans la même discipline que celle de l’article. Êtes-vous la bonne personne pour évaluer ce manuscrit ? Si le sujet est trop éloigné de votre domaine d’expertise, envisagez de décliner l’invitation.
- En cas de doute, contactez l’éditeur et discutez de vos réserves. Cela permet à l’éditeur de déterminer si votre expertise est suffisante et éventuellement d’inviter un évaluateur supplémentaire pour couvrir la partie qui vous échappe. Ce n’est pas parce qu’un aspect du manuscrit sort de votre champ de compétences que vous ne pouvez pas contribuer à l’évaluation du reste de l’étude.
- Refusez d’évaluer si vous êtes en situation de conflit d’intérêts susceptible de compromettre votre objectivité, par exemple un conflit d’intérêts financier, une relation personnelle étroite ou une collaboration actuelle/récente avec un ou plusieurs auteurs.
- Même si l’évaluation peut être utile à votre propre recherche, abstenez-vous d’accepter des manuscrits directement liés à vos travaux en cours. Les informations contenues dans le manuscrit ne doivent pas être utilisées pour avantager vos propres recherches. Refusez également d’évaluer des articles provenant de votre environnement direct (même département ou même institution d’accueil).
- Lorsque vous refusez d’évaluer, essayez de suggérer des évaluateurs alternatifs.
- Consultez les politiques et directives de la revue pour comprendre les attentes relatives au processus d’évaluation.
FIABILITÉ
- La plupart des revues attendent des évaluateurs qu’ils fournissent leur rapport dans un délai limité. N’acceptez pas une évaluation si vous savez que vous ne serez pas en mesure de respecter le calendrier prévu. En cas d’empêchement imprévu, informez-en immédiatement l’éditeur de la revue.
- De même, acceptez ou déclinez les invitations à évaluer dans des délais raisonnables.
- Les éditeurs se basent souvent sur les profils des évaluateurs enregistrés dans la base de données de la revue pour sélectionner les pairs potentiels. Veillez à ce que votre profil soit à jour (mots-clés, thématiques de recherche).
Les évaluateurs sont tenus de rester objectifs lorsqu’ils examinent le travail de leurs collègues. L’évaluation par les pairs repose sur la confiance et confère une certaine responsabilité, voire un pouvoir, aux évaluateurs. Cette confiance et ce pouvoir ne doivent en aucun cas être détournés pour retarder la publication d’autrui. Les évaluateurs ne doivent pas se livrer à des interventions inappropriées telles qu’imposer des exigences inutiles ou irréalisables, fournir des retours inexacts ou chercher à décourager les auteurs.
Quelques conseils pour rédiger une évaluation par les pairs :
- How to write a peer review (PLOS)
- Top tips for peer reviewers (Wiley)
- Peer review: how to get it right – 10 tips (The Guardian)
CONFIDENTIALITÉ
- Les manuscrits soumis à l’évaluation sont des documents confidentiels tant qu’ils n’ont pas été rendus publics lors de leur publication. Selon les revues, les rapports des évaluateurs peuvent également rester confidentiels, même après la publication du manuscrit accepté.
- Les évaluateurs doivent contacter l’éditeur avant d’associer d’autres personnes au processus d’évaluation (par exemple un étudiant ou un collègue). Les noms de ces évaluateurs supplémentaires doivent être communiqués dans les commentaires confidentiels adressés aux éditeurs. Cela aide également l’éditeur à identifier de futurs évaluateurs potentiels.
- Les évaluateurs ne doivent jamais contacter directement les auteurs. Toute communication doit passer exclusivement par la revue.
OBJECTIVITÉ, CONSTRUCTIVITÉ ET RESPONSABILITÉ LORS DE LA RÉVISION
- Les manuscrits doivent être évalués, sans parti pris vis-à-vis des auteurs, qu’il s’agisse d’un biais positif ou négatif.
- Le rôle principal d’un évaluateur est de conseiller la revue et de veiller à ce que les manuscrits comportant des failles soient retenus ou corrigés avant d’être diffusés dans le champ scientifique.
- Les rapports doivent être rédigés dans un langage clair, utile à la fois pour les éditeurs et pour les auteurs. Il est impératif d’adopter un ton respectueux et professionnel. Les évaluateurs ne doivent pas se cacher derrière leur anonymat pour rédiger des avis injurieux ou des critiques personnelles. Les critiques doivent être constructives afin d’aider l’auteur à se concentrer sur les points problématiques du travail soumis, et non à ressentir les commentaires comme une attaque personnelle.
- Les évaluateurs doivent signaler toute question éthique telle que l’existence possible de conflits d’intérêts non déclarés, l’absence d’approbation éthique ou des doutes concernant le protocole expérimental dans les études impliquant des êtres humains ou des animaux. En outre, toute suspicion de manquement scientifique (fabrication, falsification, plagiat ou autres pratiques discutables) doit être signalée et communiquée à l’éditeur.
Comme les revues offrent souvent à l’auteur qui soumet un manuscrit la possibilité de proposer des noms d’évaluateurs potentiels, cette option ne doit pas être détournée par les auteurs afin d’influencer le processus d’évaluation par les pairs à leur avantage. Un biais d’évaluation peut survenir si les évaluateurs proposés ne sont pas objectifs ou présentent un conflit d’intérêts non déclaré, par exemple parce qu’ils sont amis ou proches collaborateurs de l’auteur. Un cas de fausse évaluation peut également se produire lorsque des chercheurs, en soumettant un article, suggèrent des évaluateurs mais fournissent des coordonnées qui redirigent, en réalité, les demandes d’évaluation vers eux-mêmes.
Puisque c’est la revue qui invite officiellement les évaluateurs, il est essentiel que les revues vérifient rigoureusement l’authenticité des évaluateurs potentiels avant de les intégrer dans le processus d’évaluation.