La qualité d’une revue
La qualité d’une revue
Au terme d’un projet de recherche, l’étape traditionnelle ultime consiste à rendre les résultats disponibles pour la communauté scientifique en les publiant, par exemple dans une revue. Étant donné le temps considérable investi dans vos travaux, ainsi que les implications potentielles pour votre carrière, il est essentiel de choisir soigneusement le lieu de publication. Avec des milliers de revues répertoriées dans les principales bases bibliographiques, telles que Web of Science et PubMed ou dans des initiatives locales comme la Flemish Academic Bibliography for the Social Sciences and Humanities (VABB-SHW), les chercheurs peuvent se sentir submergés par l’étendue des possibilités. De plus, les revues n’étant pas toujours indexées dans les bases de données les plus fréquemment utilisées, le nombre d’options est virtuellement illimité. Ainsi, lors de l’évaluation des revues potentielles pour publier un travail, il est crucial de prendre en considération : la réputation et la qualité de la revue et de son éditeur, ainsi que le champ thématique (scope) de la revue.
Le champ thématique d’une revue est déterminant, car il influence directement le public susceptible de lire vos travaux. Même si votre article est particulièrement novateur ou important, s’il est publié dans une revue qui n’assure pas une visibilité adéquate, il risque de passer inaperçu. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille éviter les revues à large couverture disciplinaire. Toutefois, il est recommandé d’identifier le profil des lecteurs de la revue : votre travail leur est-il pertinent ?
S’agissant de la réputation, il est conseillé aux auteurs de ne pas s’arrêter uniquement au facteur d’impact. Il convient d’évaluer également la qualité des articles précédemment publiés dans cette revue et par son éditeur. Une revue paraît-elle digne de confiance ? Dispose-t-elle de politiques claires garantissant que les manuscrits soumis sont évalués conformément aux principes internationalement reconnus ? Par exemple : fournit-elle des instructions précises aux auteurs ? Un système solide d’évaluation par les pairs est-il en place ?
Qui est concerné ?
Les auteurs doivent engager un dialogue afin de déterminer la revue la plus appropriée à laquelle soumettre leur travail.
En tant qu’‘hôtes’ de ces travaux, les revues et les éditeurs doivent démontrer qu’ils appliquent de bonnes pratiques éditoriales lors de l’évaluation et de la publication d’articles scientifiques.
Les prédateurs de l’édition scientifique
La séquence traditionnelle qui consiste à soumettre un manuscrit à une revue afin qu’il soit évalué de manière critique, suivie d’une révision permettant de répondre aux standards scientifiques, est fragilisée par l’existence de revues et éditeurs prédateurs. Tirant profit à la fois de l’obligation imposée par certains bailleurs de fonds de publier les résultats en accès ouvert, et des difficultés rencontrées par certains chercheurs à faire accepter leurs travaux, ces revues et éditeurs détournent le système à leur avantage financier. En pratique, une revue prédatrice accepte pratiquement tout manuscrit dès lors que l’auteur s’acquitte des frais de publication. De plus, en l’absence de véritable procédure d’évaluation par les pairs, ou lorsqu’elle est purement minimale, la qualité des articles publiés est souvent très en deçà des standards scientifiques.
Exemple : une revue a ainsi publié en 2020 un faux article sur la COVID-19 intitulé « Cyllage COVID-19 Outbreak Linked to Zubat consumption ».
Les chercheurs doivent être conscients de l’existence de ce problème. La qualité douteuse des articles publiés par des revues prédatrices implique que les lecteurs doivent faire preuve d’esprit critique lorsqu’ils interprètent ces travaux ou envisagent de s’y appuyer. Ceci est particulièrement crucial dans des domaines où des résultats biaisés ou fallacieux pourraient être exploités pour désinformer le public. On peut penser, par exemple, aux sciences biomédicales, où certaines publications pourraient influencer fortement l’opinion publique sur un sujet sensible, ou entraîner des conséquences directes sur la pratique médicale standard. Inversement, les auteurs doivent veiller à ne jamais soumettre leurs propres travaux à ce type de revues. Non seulement, cela peut porter gravement atteinte à leur réputation scientifique, mais il faut aussi garder à l’esprit que les revues prédatrices ont souvent une durée de vie très limitée : elles peuvent disparaître sans avertissement, emportant avec elles les articles publiés et laissant les auteurs sans aucun recours.
Pour déterminer si une revue et/ou un éditeur est digne de confiance, les auteurs peuvent évaluer la revue à l’aide de quelques critères fondamentaux. La checklist Think. Check. Submit. offre un bon aperçu des questions essentielles que les auteurs doivent se poser lorsqu’ils recherchent une revue appropriée pour publier leurs travaux.
Some general recommendations
- Think. Check. Submit. propose une checklist pour vous aider à identifier la revue appropriée à votre recherche.
- La revue est-elle répertoriée dans le VABB-SSHW (Flemish Academic Bibliography for the Social Sciences and Humanities) ?
- La revue est-elle membre du COPE (Committee on Publication Ethics)? Les membres s’engagent à respecter les pratiques fondamentales en matière d’éthique de publication.
- La revue est-elle parrainée par une société savante ?
- L’éditeur ou la revue est-il signataire de l’Initiative pour la transparence et l’ouverture (Transparency & Openness Initiative) ?
- Plusieurs de vos pairs de confiance ont-ils déjà publié dans cette revue ?
Conférences prédatrices
Contrairement à ce que pensent de nombreux universitaires, toutes les conférences prédatrices ne sont pas nécessairement de petite taille, mal organisées ou mises en place par des structures éphémères. Afin de garantir leurs profits, ces conférences reposent souvent sur une organisation apparemment sérieuse. Un signe révélateur d’une conférence prédatrice est la présence de travaux de faible qualité présentés aux côtés de recherches menées par des universitaires renommés.
Voir Enego sur les conférences prédatrices.
Bien que les conférences prédatrices soient très nombreuses, certaines initiatives aident les chercheurs à les éviter. Think. Check. Attend. est une organisation qui accompagne les chercheurs et universitaires dans l’évaluation de la légitimité d’une conférence.