Financement de la recherche
Financement de la recherche
En raison de la forte concurrence et des faibles chances d’obtenir un financement (Garner et al., 2013), les chercheurs peinent aujourd’hui plus que jamais à trouver les ressources nécessaires pour soutenir leurs projets. Comme la rédaction des demandes de financement peut être très chronophage, certains ont parfois l’impression de consacrer davantage de temps à ces démarches qu’à la recherche elle-même. Ainsi, lorsqu’une bonne idée émerge, pourquoi ne pas tenter de la soumettre à plusieurs financeurs et voir lequel « mordra » ?
« Alors que le taux de succès des demandes de financement n’a jamais été aussi bas, les scientifiques travaillent plus que jamais pour financer leurs recherches. Ils répondent à ce contexte économique compétitif en multipliant les candidatures. Ils peuvent également soumettre simultanément ou successivement des propositions à plusieurs organismes financeurs afin d’augmenter leurs chances. Certains bailleurs de fonds permettent la soumission de projets identiques ou très similaires quant aux objectifs, hypothèses ou finalités. Mais nous pensons que les chercheurs ne devraient pas accepter un double financement pour le même travail – qu’il s’agisse de l’étude entière ou d’une partie seulement. »
Same work, twice the money? – Harold R. Garner, Lauren J. McIver & Michael B. Waitzkin – Nature 493 (2013).
Il n’est donc pas surprenant qu’un même projet de recherche soit soumis à plusieurs organismes financeurs, sous une forme identique ou légèrement adaptée. Ce système de candidatures parallèles augmente les chances d’obtenir un financement. De plus, lorsqu’un financement n’est accordé que partiellement, des fonds complémentaires obtenus auprès d’une autre source peuvent permettre d’atteindre le budget nécessaire pour couvrir l’ensemble du projet.
La commission flamande pour l’intégrité scientifique (Vlaamse Commissie voor Wetenschappelijke Integriteit – VCWI) a formulé un avis général sur le Plagiat dans les demandes de financement (2017).
Double financement (Double dipping)
Bien qu’il puisse exister des raisons acceptables pour justifier la recherche de financements complémentaires auprès de différents bailleurs de fonds, par exemple, faire prendre en charge les coûts de personnel par l’un et les consommables par un autre ; les chercheurs doivent veiller à ne pas accepter de financement pour le même aspect d’un projet de recherche.
Bien que les demandes parallèles ne soient pas nécessairement problématiques, certaines bonnes pratiques doivent être gardées à l’esprit. Tout d’abord, les chercheurs doivent faire preuve de transparence vis-à-vis du bailleur de fonds et signaler si une proposition (partiellement redondante) est en cours d’évaluation ailleurs. Le même principe s’applique en cas de chevauchement avec un projet déjà financé. Même s’il peut exister de bonnes raisons à ce chevauchement, cela doit être communiqué de manière claire. Enfin, si, au cours de la phase de demande, la proposition obtient un financement ailleurs, des mesures appropriées doivent être prises afin d’éviter un double financement. Les chercheurs ne doivent pas accepter un financement deux fois pour le même travail.
À noter que de plus en plus de bailleurs de fonds, dans le cadre de la phase de candidature, demandent de déclarer si une proposition connexe a été soumise ou acceptée ailleurs. N’imaginez pas que des propositions liées passeront inaperçues si vous ne les mentionnez pas, car cela pourrait avoir de graves conséquences sur le traitement de votre demande actuelle et de vos demandes futures, et être signalé à votre institution d’accueil.
Code ALLEA :
- Les chercheurs font un usage opportun et consciencieux des fonds alloués à la recherche.