Plagiat dans la recherche
Plagiat dans la recherche
Le Code ALLEA définit le plagiat comme suit :
- » Le plagiat est l’utilisation de travaux et d’idées provenant d’autres personnes sans mentionner ou faire correctement référence à la source originale « .
Si la définition est assez simple, ses implications pratiques sont plus complexes. Voici quelques exemples d’actions pouvant être considérées comme du plagiat (Plagiarism.org, exemples consultés le 27 mai 2021) :
- présenter le travail de quelqu’un d’autre comme étant le sien
- copier les mots ou les idées de quelqu’un d’autre sans en citer la source
- ne pas mettre une citation entre guillemets
- donner des informations incorrectes sur la source d’une citation
- modifier les mots mais copier la structure de la phrase d’une source sans en indiquer la provenance
- copier tellement de mots ou d’idées d’une source que cela constitue la majeure partie de votre travail, que vous en indiquiez la source ou non.
Illustration par Patrick Hochstenbach sous licence Creative Commons CC BY-SA 4.0.
Veuillez noter que le terme « plagiat » est également utilisé en dehors du milieu universitaire pour désigner des violations de l’éthique dans des domaines tels que le journalisme et les arts. Les normes utilisées dans ces domaines peuvent être différentes de celles du milieu universitaire.
Enfin, le plagiat entretient une relation assez complexe avec les droits de propriété intellectuelle. Si le plagiat en soi n’est pas un crime, certaines formes de plagiat peuvent impliquer une violation du droit d’auteur, des droits moraux ou d’autres infractions légales pouvant donner lieu à des poursuites judiciaires. Il existe quelques cas (rares) où des universitaires ont été poursuivis pour plagiat (par exemple en Inde et en Pologne). Pour plus d’informations, consultez la discussion sur PlagiarismToday.
Impact
Comme d’autres formes de violation de l’intégrité, le plagiat sape la crédibilité de la recherche universitaire et entraîne la perte de ressources précieuses. Il peut également nuire à la confiance et à la collégialité entre chercheurs.
Qui est concerné ?
Les chercheurs expérimentés peuvent être impliqués dans des cas de plagiat en copiant eux-mêmes le travail d’autres personnes ou en ne s’assurant pas que leurs étudiants et collègues ne commettent pas de plagiat.
Il est important que les jeunes chercheurs comprennent et appliquent les règles relatives au plagiat, et qu’ils comprennent la différence entre l’utilisation légitime et illégitime du travail d’autrui.
Les rédacteurs en chef de revues et les pairs évaluateurs sont en première ligne pour identifier le plagiat.
Les autres chercheurs ont la responsabilité morale de signaler tout plagiat qu’ils identifient
Auto-plagiat
Est-il acceptable de réutiliser son propre travail ? Ce phénomène, appelé « auto-plagiat », est sujet à controverse.
Les chercheurs dans certains domaines affirment qu’un certain degré d’auto-plagiat est inévitable, car ils développent des variations nuancées de leurs propres idées. Comment pourriez-vous plagier un travail dont vous êtes vous-même l’auteur original ?
Le code ALLEA définit le plagiat comme « l’utilisation de travaux et d’idées provenant d’autres personnes sans mentionner ou faire correctement référence à la source originale « . En outre, il définit l’« auto-plagiat » comme « Republier d’importants passages tirés de ses propres publications antérieures, y compris des traductions, sans reconnaître ou citer dûment l’original » comme une pratique inacceptable.
Que vous utilisiez le travail d’autres personnes ou le vôtre, il est nécessaire de citer vos sources et d’inclure les références appropriées à la publication originale.
Il peut toutefois y avoir des situations où la réutilisation de votre propre texte sans mentionner l’œuvre précédente peut être acceptée. Par exemple, la réutilisation à petite échelle de courts passages de votre propre texte dans l’introduction, le développement théorique et/ou les descriptions de la méthode appliquée ne pose généralement pas de problème
À l’inverse, un recours excessif à l’auto-citation peut être considéré comme une pratique négative, dans la mesure où il gonfle artificiellement le nombre de références à ses propres travaux (KNAW Committee on Citation Practice, 2014).
Cela peut sembler difficile, mais l’essentiel est de trouver un équilibre. Chaque situation étant particulière et dépendant des angles d’analyse, il convient de garder ces considérations à l’esprit lors de la rédaction d’un texte. En cas de doute, il est recommandé de consulter les instructions aux auteurs du journal dans lequel vous envisagez de publier.
Collaborations locales
Les accusations de plagiat surviennent souvent dans le cadre de collaborations locales où les chercheurs concernés ont déjà partagé leurs idées. Il peut être utile de conserver des traces écrites précises, telles que des courriels, des notes, des cahiers de laboratoire, etc., et d’organiser régulièrement des séminaires afin de partager les idées et d’en attribuer clairement la paternité.
Collaborations interdisciplinaires
La recherche interdisciplinaire accroît le risque d’accusations de plagiat en raison des pratiques de citation propres à chaque discipline. Les situations les plus délicates surviennent lorsque celles-ci divergent quant à la définition d’un travail original et à la nécessité de le publier dans plusieurs revues : une idée peut être présentée dans une revue d’une discipline, puis devoir être reprise dans une revue de l’autre.
Collaborations internationales
Les différences culturelles en matière de plagiat et de pratiques dans l’enseignement supérieur en général sont assez bien documentées (Liu et al, 2010). Les collaborations internationales peuvent donc poser un problème en matière de plagiat : il convient de définir clairement les attentes et les définitions. En général, les pratiques des revues à comité de lecture prévaudront en tant que source d’orientation pour prévenir le plagiat, car les recherches ne pourront être publiées si ces pratiques ne sont pas respectées.
Quelques lignes directrices :
- 5 règles simples pour éviter le plagiat. Ober, Simon, Elson (2012, Springer)
- Acceptable/Inacceptable:
Savez-vous ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas ? Vidéo produite par le Bureau des affaires judiciaires étudiantes de l’Université de l’Alberta (Canada) et Townend Films