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Menaces pour l’intégrité scientifique

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Menaces pour l’intégrité scientifique

Les causes des violations de l’intégrité scientifique suscitent depuis longtemps beaucoup d’intérêt et de spéculations. On a longtemps cru que la pression à publier en était la principale origine. Or, les recherches menées ces dernières décennies montrent, sur la base de données scientifiques, que les raisons pour lesquelles les chercheurs commettent ces violations sont plus diverses et complexes qu’une explication par une cause unique.

Tout au long de ce cours, nous avons souligné l’importance de considérer la science comme un écosystème composé de différents acteurs, aux intérêts, rôles et responsabilités distincts, chacun exerçant une influence sur la qualité de la recherche, ainsi que sur la prévention et le traitement des violations de l’intégrité scientifique.

Sans surprise, les facteurs qui influencent la probabilité de commettre des violations, qu’ils l’augmentent ou la diminuent, se retrouvent dans chacun de ces aspects et forment ensemble un cadre explicatif. Cela signifie également que l’amélioration de la qualité de la recherche et la prévention des violations doivent reposer sur une combinaison d’initiatives diverses, ciblant différents acteurs et différents objectifs, afin de produire un impact intégré. Aucun acteur ne peut assumer cette responsabilité seul : chacun doit prendre sa part et contribuer.

Davis et al. (2007) ont analysé les causes supposées des inconduites scientifiques et les ont regroupées en sept catégories :

  • Facteurs personnels et professionnels : pression à produire, manque de temps, stress professionnel, mais aussi problèmes psychologiques, surcharge d’engagements, etc.
  • Climat organisationnel : conflits professionnels, encadrement ou mentorat insuffisant, communication/coordination déficiente, etc.
  • Insécurités professionnelles : responsabilités inappropriées, forte compétition pour les postes, etc.
  • Rationalisations : par exemple publier précipitamment des résultats, mentir pour « préserver » une vérité supposée, etc.
  • Inhibitions personnelles : difficulté excessive de la tâche, frustrations, etc.
  • Rationalisations liées à la peur ou à l’apathie : par exemple éviter le dénigrement par autrui, manque d’intérêt, désengagement, etc.
  • Facteurs de personnalité : faiblesses de caractère comme l’impatience, la paresse, un besoin excessif de reconnaissance, etc.

Tous ces facteurs interviennent à des degrés divers selon les situations individuelles et sont susceptibles d’interagir entre eux.

Tijdink et al. (2016) se sont intéressés aux traits de personnalité et ont montré que le machiavélisme est le plus fortement associé aux comportements déviants en recherche. Le machiavélisme correspond à la tendance d’un individu à « être dénué d’émotions, détaché de la morale conventionnelle et donc enclin à tromper et manipuler autrui, à se focaliser exclusivement sur la réussite et à accorder une priorité excessive à sa propre performance ». Les associations avec le narcissisme et la psychopathie apparaissaient moins nettes.

Fanelli et al. (2015) ont examiné de plus près l’environnement de recherche et ont montré que « l’inconduite scientifique est plus probable dans les pays dépourvus de politiques d’intégrité, dans ceux où la performance individuelle en matière de publications est récompensée par des primes financières, et dans les cultures ou contextes où la critique mutuelle est entravée ». L’étude a aussi montré que « les chercheurs très productifs et à fort impact, ainsi que ceux travaillant dans des pays où la pression à publier est jugée plus forte, sont moins susceptibles de produire des articles rétractés et plus enclins à corriger leurs erreurs ». Cependant, les inconduites sont plus susceptibles de survenir aux premiers stades de la carrière d’un chercheur.

 

Vidéo de formation développée par l’Université d’Amsterdam, dans laquelle les pratiques de recherche discutables (Questionable Research Practices – QRPs) suivantes sont expliquées : harking, p-hacking, cherry-picking et omission sélective.

Collaboration

Le travail collaboratif comporte à la fois des risques et des opportunités pour les chercheurs en matière d’intégrité. D’une part, les chercheurs sont considérés comme collectivement responsables de l’intégrité des projets auxquels ils participent ; ainsi, toute violation de l’intégrité scientifique peut avoir des répercussions négatives sur l’ensemble des partenaires, même si certains n’y ont pas pris part.
D’autre part, la collaboration peut offrir des mécanismes de contrôle supplémentaires et des vérifications plus rigoureuses, réduisant ainsi la probabilité que surviennent des violations de l’intégrité scientifique.

Des informations relatives à certains aspects des violations de l’intégrité scientifique dans les projets collaboratifs sont présentées dans les autres chapitres. Le Code ALLEA fournit des recommandations pour prévenir les inconduites dans les projets collaboratifs :

  • Tous les partenaires d’une recherche collaborative sont responsables du respect des exigences de l’intégrité scientifique dans la conduite de cette recherche et dans la production de ses résultats.
  • Tous les partenaires d’une recherche collaborative conviennent formellement dès le départ des objectifs de la recherche et d’un processus de communication concernant cette recherche aussi transparent et ouvert que possible ; ils en contrôlent la pertinence et les adaptent si nécessaire.
  • Tous les partenaires d’une recherche collaborative conviennent formellement dès le départ de leurs attentes et des exigences en matière d’intégrité scientifique, des dispositions législatives et réglementaires applicables, de la protection de la propriété intellectuelle des collaborateurs, ainsi que des procédures de gestion des conflits et des éventuels manquements à l’intégrité scientifique ; ils en contrôlent la pertinence et les adaptent si nécessaire.
  • Tous les partenaires d’une recherche collaborative sont consultés et conviennent formellement des demandes de publication et des autres formes de diffusion ou d’exploitation des résultats de la recherche.