Les pentes glissantes vers l’inconduite scientifique
Il n’est pas toujours simple ou évident de suivre les principes, lignes directrices ou réglementations. Il en résulte des situations où les bonnes pratiques de recherche peuvent être mises en péril. Cet outil désigne ces situations sous le terme de « pentes glissantes » (slippery slopes), un avertissement destiné à attirer votre attention sur les risques. Pour chaque pente glissante, l’outil propose également une réponse ou une solution possible. Toutefois, chaque contexte de recherche est unique ; si vous reconnaissez une situation (au fil de la formation) et que vous avez besoin d’informations supplémentaires, n’hésitez pas à contacter votre référent en intégrité scientifique. Vous trouverez ses coordonnées à la fin de la formation ainsi que dans la section contact de ce cours.
Chercheur : « Je ne lis que des articles d’actualité sur l’intégrité et les manquements dans les sciences de la vie, mais je ne travaille pas dans cette discipline. En quoi cela me concerne-t-il ? »
C’est plus nuancé que cela. Bien qu’il puisse sembler que les manquements à l’intégrité scientifique soient plus fréquents dans les sciences de la vie et la médecine, plusieurs éléments permettent de relativiser cette impression. Tout d’abord, les sciences de la vie regroupent le plus grand nombre de chercheurs, souvent impliqués dans les projets les plus vastes. Ensuite, en raison des méthodes utilisées pour détecter les manquements, il est relativement « facile » de cibler certaines formes d’inconduite, par exemple la manipulation d’images. Or, le type d’images susceptibles d’être altérées est largement utilisé dans les sciences de la vie. Enfin, les problèmes d’intégrité les plus fréquents concernent 1) le plagiat, dont la majorité des cas est observée dans les sciences sociales et 2) les litiges liés à la co-signature d’articles, la plupart survenant dans les sciences de la vie. (Fanelli, 2009).
En conclusion, il n’existe pas de discipline intrinsèquement plus problématique qu’une autre : chacune présente ses propres enjeux spécifiques. Cela implique que tous les chercheurs ont la responsabilité de connaître et de respecter les principes d’intégrité scientifique.
Professeur : « Je suis un chercheur expérimenté, je ne risque donc pas de commettre ce genre d’erreurs. »
For example:
(2016) Centre of Innovation, Leiden University – On being a scientist (afl. 4). Pour plus de précision : seule la première partie de cette vidéo illustre cet exemple de « pente glissante ». Les dernières scènes relèvent d’une autre trame narrative.
La recherche ne permet pas (encore) de trancher clairement quant aux différences significatives entre sous-groupes en matière d’inconduite scientifique. Beaucoup d’observateurs estiment que les chercheurs en début de carrière sont les plus vulnérables à s’impliquer dans de telles pratiques, en partie en raison de leur position précaire et fortement dépendante, ou d’un éventuel manque d’expérience.
Cependant, d’autres travaux proposent une vision plus nuancée, en soulignant que certains types de comportements inacceptables surviennent plus fréquemment chez les chercheurs de niveau intermédiaire ou senior. Les analyses mettent en avant le rôle des opportunités de manquement et la perception, réelle ou supposée, du risque d’être découvert et de subir des conséquences (sévères).
Les chercheurs expérimentés peuvent contribuer à prévenir ces dérives, car ils occupent des fonctions qui en font des modèles pour l’ensemble de la communauté scientifique.