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Le rôle du superviseur

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Le rôle du superviseur du point de vue de l’intégrité scientifique

Le superviseur respecte les normes généralement admises en matière d’intégrité scientifique. Il doit ainsi servir de modèle responsable afin de veiller à ce que le doctorant acquière de bonnes pratiques.

Le superviseur instaure un climat dans lequel ces normes guident la conduite du doctorant et où la pratique scientifique équitable et honnête constitue la norme.

5 conseils aux encadrants pour promouvoir l’intégrité scientifique

Selon l’ORI (Bureau de l’intégrité de la recherche – Office of Research Integrity, USA), il y a 5 pratiques essentielles pour favoriser l’intégrité scientifique auprès de vos doctorants et autres (nouveaux) collègues.

1. Être disponible et accessible

Prenez le temps de construire une relation de confiance avec vos doctorants et jeunes chercheurs. Ils sont là pour apprendre de vous : discutez ouvertement et de manière constructive des avancées et des difficultés. Cela encourage le dialogue, renforce la transparence et incite les personnes à venir vers vous pour poser des questions ou exprimer des préoccupations.

Créez un environnement sûr et protecteur, fondé sur la confiance, qui favorise un dialogue ouvert. Les chercheurs peuvent se retrouver dans des situations inédites, parfois confrontés sans le vouloir à des dilemmes d’intégrité.

2. Vérifier les données brutes

Vous êtes responsable des données utilisées ou produites par tout membre de votre équipe. Examiner régulièrement les données brutes, notamment celles relatives à un article, un projet de financement ou un poster, permet de détecter à temps les erreurs involontaires et les manipulations intentionnelles, avant toute diffusion.

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Dans 45 cas de manquements à l’intégrité scientifique commis par des doctorants ou stagiaires, 72 % des encadrants n’avaient pas consulté les données sources (Wright, Titus & Cornelison, 2008).

3. Communiquer clairement vos attentes

Définissez précisément les rôles et responsabilités en matière de gestion des données, d’expériences, d’attribution d’auteurs et de calendrier des projets, ainsi que les critères d’évaluation des doctorants. Envisagez de proposer un accueil ou une introduction formelle aux nouveaux chercheurs, et informez-les des standards (écrits) de l’équipe. Soyez explicite sur les comportements considérés comme malhonnêtes et sur le fait qu’ils ne sont pas tolérés.

4. Assurer la formation et l’accompagnement

Les doctorants n’arrivent pas tous avec le même bagage. Évitez de présumer de leurs connaissances préalables, qu’il s’agisse par exemple de la relecture de protocoles, de l’utilisation correcte d’équipements ou de la gestion/stockage des données.

5. Connaissez votre référent à l’intégrité scientifique

Soyez prêt à agir, de façon rapide et résolue, en cas de suspicion de manquement. Identifiez dès à présent qui est le référent intégrité scientifique (Research Integrity Officer – RIO) dans votre établissement (voir Module 4 : violations de l’intégrité scientifique) et communiquez ses coordonnées à votre équipe.

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Doctorant.e : « Mon.ma directeur.rice de thèse s’intéresse énormément à mon projet et à ma progression quotidienne. Il.elle me demande chaque jour, parfois plusieurs fois, de nouvelles données, expériences, etc…, et propose aussitôt des pistes de recherche supplémentaires. J’ai l’impression que mon rôle dans mon propre projet se limite à exécuter ce qu’il.elle me demande, selon sa vision. Je pensais qu’un doctorat signifiait développer ses propres idées. »

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L’encadrant ne doit pas pratiquer un micro-management qui empêche le doctorant de piloter son projet. Le doctorant doit pouvoir comprendre la vue d’ensemble du projet, même s’il ne travaille que sur une partie de celui-ci

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Leur formation peut différer de la vôtre

En tant que promoteur, superviseur ou mentor, mais aussi en tant que chercheur (post)doctoral, il est prudent de partir du principe que tout le monde n’a pas été formé de la même manière, n’adhère pas aux mêmes principes et règles, ni ne travaille selon les mêmes standards. L’éthique de travail, la manière de rendre compte, de communiquer, etc., peuvent varier considérablement, notamment en raison d’hypothèses biaisées (conscientes ou inconscientes) liées au genre, aux expériences passées, à l’origine ethnique, au pays d’origine, etc.

Par exemple, un nouveau doctorant peut avoir été formé dans une culture ou un système de recherche où remettre en question les convictions d’une personne hiérarchiquement supérieure, comme un promoteur de thèse, est rare voire inacceptable. Il se peut que cette attitude persiste même après son intégration dans un nouvel environnement, et ce, indépendamment de l’ouverture et de l’accessibilité affichées par le promoteur. Celui-ci est perçu comme un chercheur expérimenté et respecté, et le doctorant se sent honoré de travailler dans son équipe ; la dernière chose qu’il envisagerait est de contredire son opinion.

De même, en tant que promoteur de thèse, vous pourriez supposer à tort qu’un doctorant venant du pays A engagera une discussion s’il n’est pas d’accord avec une hypothèse que vous formulez, simplement parce que tous vos autres collègues venant du pays B agiraient ainsi. Et pourtant, vous êtes toujours ouvert à la discussion, et la hiérarchie ne devrait jouer aucun rôle.

Messages à retenir

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Après la supervision et le mentorat du module 2, en tant que superviseur, j’ai :

  • Comprendre le rôle d’un (co)superviseur ;
  • Comprendre qu’il est important d’être disponible et accessible en tant que superviseur ;
  • Savoir qu’en tant que superviseur, il est important d’examiner les données brutes ;
  • Savoir qu’en tant que superviseur, il est important de communiquer ses attentes ;
  • En tant que superviseur, fournir une formation et des conseils ;
  • En tant que superviseur, connaître le bureau chargé de l’intégrité de la recherche de mon établissement ;
  • Reconnaître que tous les superviseurs et mentors ne sont pas formés de la même manière ;
  • Connaître et respecter les normes généralement acceptées en matière d’intégrité de la recherche ;
  • Savoir qu’une communication ouverte et réactive entre le chercheur et le superviseur est très importante et que je peux toujours demander conseil ;
  • Savoir qu’il existe d’autres personnes qui peuvent m’aider à résoudre les dilemmes liés à l’intégrité de la recherche si mon superviseur n’est pas en mesure de le faire.