• checkmark Qui est concerné ?
  • checkmark Les pentes glissantes vers l’inconduite scientifique
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  • checkmark Qu’est-ce que l’intégrité de la recherche ?

Qui est concerné ?

General public

Le public a tendance à attendre des scientifiques qu’ils respectent des normes élevées. Cependant, il ne perçoit généralement que les résultats de la recherche et ne dispose pas des connaissances nécessaires pour en évaluer le processus.

Researchers Researchers in general

Une meilleure sensibilisation aux questions de manquements pourrait réduire le nombre de violations. Les chercheurs sont plus enclins à accuser autrui qu’à reconnaître leurs propres manquements. Toutefois, le système repose principalement sur l’autorégulation et la régulation par les pairs.

Funders - Journals Journals - Funder

Les revues et les organismes financeurs devraient disposer de politiques internes claires et réagir rapidement en cas de suspicion de manquement. Les éditeurs mettent souvent l’accent sur des cas individuels et se présentent comme des victimes, plutôt que de reconnaître leur éventuelle part de responsabilité.

Policy makers

Il peut exister des conflits entre les intérêts des gouvernements et ceux de la communauté scientifique. Les chercheurs considèrent souvent que l’ingérence gouvernementale est contre-productive. La législation étatique peut conférer un avantage concurrentiel aux pays qui ne sont pas soumis au même type d’ingérence.

De nombreuses personnes, au-delà de celles qui commettent les violations de l’intégrité, sont impliquées et potentiellement affectées lorsqu’une inconduite en recherche survient. Par extension, nombre d’entre elles ont une responsabilité, directe ou indirecte, pour veiller au respect des principes d’intégrité scientifique et de conduite responsable de la recherche. L’environnement de recherche peut être considéré comme un « écosystème » dans lequel tous les éléments et acteurs doivent agir en synergie et collaborer afin de contribuer à la fiabilité de la science.
Mener une recherche est un processus dynamique et collaboratif. Cela signifie que votre environnement de recherche (et donc l’« écosystème ») comprend bien plus de personnes que celles directement impliquées ou présentes dans votre unité de recherche locale. Il est recommandé de considérer également ces personnes comme des collègues à part entière, même si elles ne sont pas toujours physiquement proches, et d’assumer la responsabilité de la manière dont le travail collaboratif est mené.

Messages clés

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À l’issue du module 1, je :

  • Comprends que l’intégrité scientifique fait intrinsèquement partie de l’assurance qualité de la pratique quotidienne de la recherche et que toutes les parties prenantes (grand public, financeurs, chercheurs, etc.) peuvent avoir un intérêt dans la manière dont la recherche est menée et dans ses résultats.
  • Utilise le Code de conduite ALLEA pour l’intégrité en recherche comme document de référence sur les pratiques responsables et la gestion des manquements à l’intégrité scientifique. Ainsi, dans le cadre de collaborations, je discute des définitions ainsi que des codes et documents de référence en matière d’intégrité scientifique, et nous nous accordons, en équipe, sur le cadre applicable, en gardant à l’esprit que le Code ALLEA constitue le cadre minimal pour l’ensemble des chercheurs européens.
  • Sais retrouver et appliquer les informations issues de mon établissement de recherche pour traiter des préoccupations spécifiques liées à l’intégrité scientifique.
  • Suis conscient qu’il existe des situations dans lesquelles les bonnes pratiques de recherche sont menacées, c’est-à-dire des « pentes glissantes ».
  • Sais que la mauvaise conduite scientifique se définit traditionnellement comme la fabrication, la falsification ou le plagiat, mais que, ces dernières années, le champ s’est considérablement élargi pour inclure également les violations des bonnes pratiques de recherche et d’autres pratiques inacceptables.
  • Comprends que si l’intégrité scientifique n’est pas respectée, ce sont non seulement des carrières qui sont en jeu, mais aussi la réputation du domaine de recherche, de l’université et de la science en général. Parmi d’autres risques, cela peut également menacer la santé publique et le bien-être des participants à la recherche.
  • M’engage personnellement à garantir l’intégrité scientifique et à mener mes recherches conformément aux normes éthiques, juridiques et professionnelles appropriées.
  • Rapporterai tout manquement potentiel à l’intégrité scientifique, car cela fait partie de mes responsabilités professionnelles.

Références

ALLEA (2023).TheEuropean Code of Conduct for Research Integrity: Revised Edition 2023. Berlin. DOI 10.26356/ECOC

Bracke, N., & Van der Burght, S. (2021). Zonder wetenschappelijke integriteit geen kwaliteitsvol onderzoek. In A. Verhage (Ed.), Deontologie en integriteitsbewaking voor criminologen (2de, herziene uitgave ed., pp. 131-153).

Gompel & Svacina. De Vries, R., Anderson, M. S., & Martinson, B. C. (2006). Normal Misbehavior: Scientists Talk About the Ethics of Research. Journal of empirical research on human research ethics : JERHRE, 1(1), 43–50. https://doi.org/10.1525/jer.2006.1.1.43

Fanelli, D. (2009). How Many Scientists Fabricate and Falsify Research? A Systematic Review and Meta-Analysis of Survey Data. PLOS ONE, 4(5), Article e5738. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0005738

Fanelli, D., Costas, R., & Larivière, V. (2015). Misconduct Policies, Academic Culture and Career Stage, Not Gender or Pressures to Publish, Affect Scientific Integrity. PLOS ONE, 10(6), Article e0127556. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0127556

Godecharle, S. (2018). Trust me, I’m a scientist: Research integrity and misconduct within biomedical research [Unpublished doctoral dissertation, KU Leuven]. D/2018/1869/7.

John, L. K., Loewenstein, G., & Prelec, D. (2012). Measuring the Prevalence of Questionable Research Practices With Incentives for Truth Telling. Psychological Science, 23(5), 524–532. https://doi.org/10.1177/0956797611430953

Kembery, C., & Makarow, M. (n.d.). A new code of conduct for researchers: European Science Foundation. Retrieved November 8, 2019, from http://archives.esf.org/media-centre/ext-single-news/article/a-new-code-of-conduct-for-researchers-624.html

Kretser, A., Murphy, D., Bertuzzi, S., Abraham, T., Allison, D. B., Boor, K. J., Dwyer, J., Grantham, A., Harris, L. J., Hollander, R., Jacobs-Young, C., Rovito, S., Vafiadis, D., Woteki, C., Wyndham, J., & Yada, R. (2019). Scientific Integrity Principles and Best Practices: Recommendations from a Scientific Integrity Consortium. Science and Engineering Ethics, 25(2), 327–355. https://doi.org/10.1007/s11948-019-00094-3

Martinson, B. C., Anderson, M. S., & de Vries, R. (2005). Scientists behaving badly. Nature, 435(7043), 737–738. https://doi.org/10.1038/435737a

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All European Academies, ALLEA (2023).TheEuropean Code of Conduct for Research Integrity: Revised Edition 2023. Berlin. DOI 10.26356/ECOC  

Van der Burght, S. (2019, August). Standard ‘dobré’ vědecké práce. Akademická integrita ve Vlámsku a její podpora na Univerzitě Gent. Dějiny a současnost, 8, 17–20. http://hdl.handle.net/1854/LU-8689917

Verbeke, R. (2013). Wetenschapsfraude: De harde cijfers. EOS, 4, 24-28. Retrieved December 10, 2021, from https://docplayer.nl/12020908-Wetenschapsfraude-de-harde-cijfers.html

Les pentes glissantes vers l’inconduite scientifique

Slippery Slope

Il n’est pas toujours simple ou évident de suivre les principes, lignes directrices ou réglementations. Il en résulte des situations où les bonnes pratiques de recherche peuvent être mises en péril. Cet outil désigne ces situations sous le terme de « pentes glissantes » (slippery slopes), un avertissement destiné à attirer votre attention sur les risques. Pour chaque pente glissante, l’outil propose également une réponse ou une solution possible. Toutefois, chaque contexte de recherche est unique ; si vous reconnaissez une situation (au fil de la formation) et que vous avez besoin d’informations supplémentaires, n’hésitez pas à contacter votre référent en intégrité scientifique. Vous trouverez ses coordonnées à la fin de la formation ainsi que dans la section contact de ce cours.

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Chercheur : « Je ne lis que des articles d’actualité sur l’intégrité et les manquements dans les sciences de la vie, mais je ne travaille pas dans cette discipline. En quoi cela me concerne-t-il ? »

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C’est plus nuancé que cela. Bien qu’il puisse sembler que les manquements à l’intégrité scientifique soient plus fréquents dans les sciences de la vie et la médecine, plusieurs éléments permettent de relativiser cette impression. Tout d’abord, les sciences de la vie regroupent le plus grand nombre de chercheurs, souvent impliqués dans les projets les plus vastes. Ensuite, en raison des méthodes utilisées pour détecter les manquements, il est relativement « facile » de cibler certaines formes d’inconduite, par exemple la manipulation d’images. Or, le type d’images susceptibles d’être altérées est largement utilisé dans les sciences de la vie. Enfin, les problèmes d’intégrité les plus fréquents concernent 1) le plagiat, dont la majorité des cas est observée dans les sciences sociales et 2) les litiges liés à la co-signature d’articles, la plupart survenant dans les sciences de la vie. (Fanelli, 2009).

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En conclusion, il n’existe pas de discipline intrinsèquement plus problématique qu’une autre : chacune présente ses propres enjeux spécifiques. Cela implique que tous les chercheurs ont la responsabilité de connaître et de respecter les principes d’intégrité scientifique.

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Professeur : « Je suis un chercheur expérimenté, je ne risque donc pas de commettre ce genre d’erreurs. »

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For example:

(2016) Centre of Innovation, Leiden University – On being a scientist (afl. 4). Pour plus de précision : seule la première partie de cette vidéo illustre cet exemple de « pente glissante ». Les dernières scènes relèvent d’une autre trame narrative.
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La recherche ne permet pas (encore) de trancher clairement quant aux différences significatives entre sous-groupes en matière d’inconduite scientifique. Beaucoup d’observateurs estiment que les chercheurs en début de carrière sont les plus vulnérables à s’impliquer dans de telles pratiques, en partie en raison de leur position précaire et fortement dépendante, ou d’un éventuel manque d’expérience.

Cependant, d’autres travaux proposent une vision plus nuancée, en soulignant que certains types de comportements inacceptables surviennent plus fréquemment chez les chercheurs de niveau intermédiaire ou senior. Les analyses mettent en avant le rôle des opportunités de manquement et la perception, réelle ou supposée, du risque d’être découvert et de subir des conséquences (sévères).

Les chercheurs expérimentés peuvent contribuer à prévenir ces dérives, car ils occupent des fonctions qui en font des modèles pour l’ensemble de la communauté scientifique.

Que se passe-t-il lorsque l’intégrité scientifique n’est pas respectée ?

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Que se passe-t-il lorsque l’intégrité scientifique n’est pas respectée ?

Ne pas respecter les bonnes pratiques de recherche constitue une violation des responsabilités professionnelles. Cela nuit aux processus de recherche, dégrade les relations entre chercheurs, sape la confiance et la crédibilité de la recherche, gaspille les ressources et peut exposer les sujets de recherche, les utilisateurs, la société ou l’environnement à des préjudices inutiles. Et bien sûr, cela peut compromettre une carrière professionnelle.

La fraude scientifique est traditionnellement définie comme la fabrication, la falsification ou le plagiat (la catégorisation dite FFP) dans la proposition, la conduite, l’évaluation ou la publication des résultats de recherche.

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La définition des manquements à l’intégrité scientifique s’est considérablement élargie au cours des dernières années. Le Code ALLEA distingue trois grandes catégories de manquements à l’intégrité scientifique :

  • Manquements graves à l’intégrité scientifique : fabrication, falsification et plagiat (catégorisation FFP).
  • Violations des bonnes pratiques académiques (GAPs) qui altèrent les résultats de la recherche ou portent atteinte à l’intégrité du processus de recherche ou des chercheurs.
    • Autres pratiques inacceptables (Other Unacceptable Practices – OUP). Voici quelques exemples de cette dernière catégorie : manipuler la liste des auteurs ou minimiser le rôle d’autres chercheurs dans les publications.
    • Citer de manière sélective ou inexacte.
    • Retenir des données ou des résultats de recherche sans justification.
    • Présenter de façon trompeuse ses réalisations, ses données, son implication ou ses intérêts.
    • Retarder ou entraver de manière inappropriée le travail d’autres chercheurs.
    • Abuser de sa position hiérarchique pour encourager des manquements à l’intégrité scientifique ou pour faire progresser sa propre carrière….

Quelques éléments de contexte

Pour définir et décrire un problème, on se base souvent sur une estimation de son ampleur. Il est impossible de donner un chiffre général et exact du nombre de chercheurs ayant commis une falsification, une fabrication ou un plagiat (FFP), ou toute autre pratique inacceptable (OUP). Bien que les universités deviennent de plus en plus transparentes quant au nombre et à la nature des cas de manquements à l’intégrité scientifique, les études basées sur des enquêtes dépendent des déclarations volontaires et des taux de réponse. Des recherches internationales (Fanelli, 2009) montrent que 1 à 2 % des scientifiques ont reconnu avoir fabriqué, falsifié ou modifié des données ou résultats au moins une fois. Ces chiffres se réfèrent aux « grands cas » qui bénéficient souvent d’une large couverture médiatique, y compris dans la presse nationale.

Cependant, dans les enquêtes portant sur le comportement de collègues, les taux d’aveux augmentent considérablement. Au fil des années, de nombreuses estimations ont également été faites sur la prévalence des pratiques inacceptables. L’estimation haute atteint 94 %, mais de nombreuses études se situent autour de 40 %. Là encore, dans les enquêtes portant sur le comportement de collègues, les taux d’aveux sont bien plus élevés. Lorsqu’on examine les détails, ces chiffres varient selon le type de pratique inacceptable.

Par exemple, admettre avoir ajouté au moins un coauteur sans que cette personne ait apporté une véritable contribution (pratique dite de « gift authorship ») est bien plus fréquent que d’avoir écarté des données ou observations sur la base d’une simple intuition. Bien que ces pratiques inacceptables soient moins directes que les FFP et souvent considérées comme « moins graves », la recherche suggère que, en raison notamment de leur plus grande fréquence, elles nuisent en réalité davantage à la science que les FFP.

 

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« La pression à publier constitue la principale raison pour laquelle les chercheurs s’engagent dans des pratiques contraires à l’intégrité scientifique. »

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Pendant longtemps, la pression à publier a été citée comme la cause la plus fréquente des manquements à l’intégrité scientifique. Toutefois, des recherches plus récentes et approfondies ont révélé une réalité plus complexe. En effet, les pressions dans le milieu scientifique prennent des formes et des ampleurs bien plus variées que la seule obligation de publier. Parmi les causes possibles, on évoque certains traits de personnalité, une sensibilité accrue aux pressions ou encore des troubles psychologiques. De plus en plus, les chercheurs s’intéressent à l’environnement de recherche comme facteur pouvant conduire à ces manquements, qu’il s’agisse de (l’absence) culture de recherche ouverte et constructive ou de la nature (dysfonctionnelle) du système de récompense et d’évaluation.

Il faut également tenir compte de la probabilité d’être découvert, qui reste relativement faible (mais en progression constante). Les initiatives visant à enquêter sur les manquements se multiplient et gagnent en efficacité. La communauté scientifique a aussi mis en place de nombreuses actions pour rendre l’évaluation par les pairs plus performante dans la détection des manquements et pour encourager la réalisation d’études de réplication. C’est l’une des raisons pour lesquelles la science ouverte (Open Science), l’ouverture des données et la recherche en équipe sont si importantes.

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Si tout cela vous semble un peu abstrait, vous pouvez toujours consulter le module 4. La fabrication, la falsification et le plagiat (FFP), ainsi que les autres pratiques inacceptables, constituent le thème principal du module 4 : Violations de l’intégrité scientifique. Ce module contient également un ensemble de lignes directrices sur la conduite à adopter lorsque de telles pratiques se produisent.

Quels sont les enjeux ?

  • Votre carrière
  • Les carrières et la réputation de vos collègues, du/de la promoteur·rice/directeur·rice de recherche et des autres collaborateurs concernés
  • La réputation de votre domaine ou discipline de recherche
  • La réputation de l’université et de la science en général
  • La santé publique
  • Le bien-être des participants à la recherche
  • La confiance du public envers la science et les scientifiques
  • Le progrès des connaissances

Les raisons de commettre une fraude sont nombreuses et, dans la plupart des cas, l’objectif immédiat est d’atteindre un but précis : respecter une échéance, publier un article, décrocher un financement, enrichir son CV, etc. Cependant, si l’on prend du recul sur un acte isolé (la décision de tricher), il apparaît clairement qu’il y a bien plus à perdre, et ce pour divers acteurs de l’écosystème ainsi que pour la science dans son ensemble.

Que faire lorsque l’intégrité scientifique n’est pas respectée ?

Chaque université en Flandre dispose d’une structure dédiée à la gestion des cas de fraude et de manquements à l’intégrité scientifique. Dans chaque établissement, il existe des interlocuteurs identifiés, allant d’un réseau de personnes de confiance locales en lien avec l’intégrité scientifique à des médiateurs ou conseillers confidentiels à différents niveaux. Chaque université possède son propre Comité d’Intégrité Scientifique (Commissie voor Wetenschappelijke Integriteit ou CWI) qui instruit les plaintes portant sur des violations potentielles de l’intégrité scientifique. À l’issue de l’enquête formelle, le comité émet un avis à l’institution sur l’existence ou non d’un manquement. Le Code ALLEA sert de référence pour identifier la nature des violations constatées.

Les parties qui estiment ne pas avoir été entendues ou qui ne sont pas satisfaites des conclusions du CWI peuvent demander un second avis auprès du Comité flamand d’Intégrité Scientifique (Vlaamse Commissie voor Wetenschappelijke Integriteit ou VCWI). Les comités universitaires d’intégrité scientifique n’ayant pas le statut de personnes morales, il n’existe pas de procédure formelle d’appel au sein de l’université. Les personnes souhaitant une procédure ou un recours juridiquement contraignant peuvent porter l’affaire devant les tribunaux (en lieu et place ou après la procédure CWI).

Résumé des possibilités :

  • Votre personne de confiance locale au sein de votre groupe, faculté ou école
  • Le conseiller confidentiel officiel, l’ombudsperson ou le référent intégrité scientifique de votre institution
  • Le CWI
  • Le VCWI
  • Le tribunal, pour une procédure judiciaire

Ne pas respecter les bonnes pratiques de recherche constitue une violation des responsabilités professionnelles. Par conséquent, signaler un manquement potentiel à l’intégrité scientifique fait également partie de vos obligations professionnelles. Le Code ALLEA est explicite sur ce point : «

Passer sous silence les manquements supposés à l’intégrité en recherche commis par des tiers ou couvrir les réponses inappropriées apportées par des institutions à des fraudes ou à d’autres manquements. » est considéré comme une pratique inacceptable.

Enfin, si tout cela vous semble encore abstrait, vous pouvez toujours consulter le module 4 : Violations de l’intégrité scientifique, où vous trouverez également les coordonnées de l’ensemble des services de soutien.

Introduction

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Qu’est-ce que l’intégrité de la recherche ?

Il n’existe pas de définition unique ou internationalement acceptée de l’intégrité en recherche, mais on considère généralement qu’elle concerne les valeurs et les principes directeurs qui soutiennent une conduite responsable de la recherche. Cela implique que la recherche soit menée selon des normes professionnelles et éthiques appropriées, et dans le respect de la législation et des lignes directrices pertinentes.

L’intégrité scientifique est souvent définie comme la manière dont les chercheurs doivent organiser et mener leur travail scientifique de manière responsable.

 

Pourquoi l’intégrité Scientifique est importante ?

La recherche scientifique et académique sert à comprendre le monde dans lequel nous vivons, à constituer une base pour des travaux ultérieurs et à résoudre des problèmes concrets. Le rôle crucial de la science dans la société implique que presque tout le monde a un intérêt potentiel dans la manière dont la recherche est menée et dans ses résultats. Universitaires, décideurs politiques, représentants gouvernementaux, entrepreneurs, citoyens, tous peuvent tirer profit de résultats de recherche fiables. Les chercheurs portent la responsabilité première et ultime de garantir que chacun puisse avoir confiance dans les conclusions de leurs travaux.

L’intégrité, la qualité et la légitimité de la recherche sont indissociablement liées. « Il ne peut y avoir de recherche de premier ordre sans intégrité », déclarait, en 2010, Marja Makarow, ancienne directrice de la Fondation européenne de la science : « Les chercheurs s’appuient sur les résultats des uns et des autres ; ils doivent donc être honnêtes envers eux-mêmes et entre eux, et partager les mêmes standards d’équité, ce qui fait du Code européen de conduite pour l’intégrité en recherche un document essentiel. »

 

Illustration par Patrick Hochstenbach sous licence Creative Commons CC BY-SA 4.0 license

Le Code ALLEA, également appelé Code européen de conduite pour l’intégrité en recherche

La conduite responsable de la recherche (Responsible Conduct of Research, RCR) revêt de nombreuses formes et constitue un prérequis indispensable à une recherche de haute qualité. Les bonnes pratiques de recherche reposent sur les principes fondamentaux de l’intégrité en recherche définis par ALLEA (All European Academies). Elles guident les chercheurs dans leur travail ainsi que dans l’ensemble des défis pratiques, éthiques et intellectuels inhérents à la recherche.

Ces principes incluent :

  • Fiabilité : garantir la qualité de la recherche, ce qui se reflète dans la conception, la méthodologie, l’analyse et l’utilisation des ressources.
  • Honnêteté  : développer, mener, évaluer, rapporter et communiquer la recherche de manière transparente, juste, complète et exempte de biais.
  • Respect : envers les collègues, les participants à la recherche, les sujets de recherche, la société, les écosystèmes, le patrimoine culturel et l’environnement.
  • Responsabilité : pour la recherche, depuis l’idée initiale jusqu’à la publication, pour sa gestion et son organisation, pour la formation, la supervision et le mentorat, ainsi que pour ses impacts sociétaux plus larges.
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Les aspects concernés, ainsi que la manière dont ils sont organisés, sont déterminés par la communauté scientifique elle-même.
Le Code européen de conduite pour l’intégrité en recherche (European Code of Conduct for Research Integrity ou Code ALLEA) a pour objectif de fournir un cadre européen global d’autorégulation et reflète les pratiques que la communauté scientifique a elle-même développées en assumant pleinement sa responsabilité en matière d’intégrité.Les bonnes pratiques académique de recherche présentées dans le module 3 et dans les modules complémentaires de cette formation reposent toutes sur le Code ALLEA.

Quelques exemples de bonnes pratiques de recherche :

  • Procédures de recherche : les chercheurs communiquent leurs résultats de manière ouverte, honnête, transparente et précise, tout en respectant la confidentialité des données ou des résultats lorsque cela est légitimement requis.
  • Pratiques et gestion des données : les chercheurs, ainsi que les institutions et organisations de recherche, veillent à ce que l’accès aux données soit aussi ouvert que possible et aussi restreint que nécessaire, en veillant, lorsque cela est approprié, à l’alignement sur les principes FAIR (Findable, Accessible, Interoperable, Re-usable – Faciles à trouver, Accessibles, Interopérables et Réutilisables) pour la gestion des données.
  • Publication, diffusion et paternité scientifique : les auteurs conviennent formellement de l’ordre de la signature, en reconnaissant que la qualité d’auteur repose sur :
      1. Une contribution significative à la conception de la recherche, à la collecte des données pertinentes, à leur analyse et/ou à leur interprétation ;
      2. La rédaction et/ou la révision critique de la publication ;
      3. L’approbation de la version finale ;
      4. L’engagement à assumer la responsabilité du contenu de la publication, sauf indication contraire explicitement mentionnée dans celle-ci.

D’autres bonnes pratiques seront abordées dans le Module 3 : Bonnes Pratiques Académique de recherche.

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Intégrité en recherche et collaborations internationales

Le code ALLEA sur la collaboration en recherche :

  • Tous les partenaires d’une activité de collaboration scientifique assument la responsabilité de l’intégrité de la recherche.
  • Tous les partenaires d’une activité de collaboration scientifique conviennent dès le début des objectifs de la recherche et d’un processus de communication aussi transparent et ouvert que possible dans le cadre de la recherche.
  • Tous les partenaires conviennent formellement, au début de leur collaboration, de leurs attentes et des critères relatifs à l’intégrité en recherche, de la législation et de la réglementation applicables, de la protection de la propriété intellectuelle des collaborateurs, ainsi que des procédures de gestion des conflits et des éventuels manquements.

Bien que le code ALLEA bénéficie d’un large soutien de la part de nombreuses organisations de recherche à travers le monde, il reflète avant tout une perspective européenne de l’intégrité scientifique. Il est donc essentiel, lors de collaborations, en particulier avec des partenaires non européens, de discuter explicitement des visions et des définitions des principaux aspects abordés dans le code. Toutes les parties doivent établir, dès le début de la collaboration, des dispositions précises sur la manière de mettre en œuvre ces principes dans la pratique et sur la conduite à tenir en cas de problème.

Autres lignes directrices

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Le Code ALLEA n’est pas le seul code de conduite existant. The Embassy of Good Science a établi un répertoire des lignes directrices et codes de conduite provenant de divers pays et organisations.